27.2.08
De chair et d'autre

Oscar Zwinterscher
Nacre et or
1909
Nymphe macabre
(...)
Tu n'es plus fraîche, ma très-chère,
Ma vieille infante ! Et cependant
Tes caravanes insensées
T'ont donné ce lustre abondant
Des choses qui sont très usées,
Mais qui séduisent cependant.
Je ne trouve pas monotone
La verdeur de tes quarante ans ;
Je préfère tes fruits, Automne,
Aux fleurs banales du Printemps !
Non ! Tu n'es jamais monotone !
(...)
Ta carcasse a des agréments
Et des grâces particulières ;
Je trouve d'étrange piments
Dans le creux de tes deux salières ;
Ta carcasse a des agréments !
(...)
Ta jambe musculeuse et sèche
Sait gravir au haut des volcans,
Et malgré la neige et la dèche
Danser les plus fougueux cancans
Ta jambe est musculeuse et sèche ;
Ta peau brûlante et sans douceur,
Comme celle des vieux gendarmes,
Ne connaît pas plus la sueur
Que ton oeil ne connaît les larmes.
Charles Baudelaire (1821-1867)
Les Epaves
Du pain, des mots...
J'aime t'entendre, tu tombes amoureux comme tombe un trésor au fond d'un puits. Veau d'or, nuits de l'abri et du ventre. L'anxiété n'est pas empêchée. Pour me distraire du désert au travail, de la paie trop pâle, je dresse le bilan de mes compétences disparates avec une femme que j'aime bien. Sûr qu'elle me donnera des coups et des conseils pour survivre économiquement pendant encore 25 ans. Elle me confortera aussi dans ce que je sais déjà : je voudrais être payée à rêver, à lire, à écouter. Je voudrais juste une planque au rayon poésie.
25.2.08
Veaux, vaches, cochons

Café Ippei
Aujourd'hui, l'extrait d'un texte tiré d'un blog ami ne souhaitant pas être mis en lien :
"(...) Aujourd’hui, la vieille Europe et les Etats-Unis soutiennent le Kossovo ou plutôt la tête de pont européenne d’un grand axe américano-turc.
Washington : de Tirana à Astana, la création d'un tampon entre la Chine et la Russie, jusqu’au bout de l’Asie Centrale, partant de Pristina-Tirana vers Samarkand et Tachkent, via Istanbul, Bakou, Achkhabad, Astana, Bichkek. Toutes villes et pays peu réputés pour leur modernité et leur esprit démocratique.
Les Albanais, autrefois oppresseurs des Serbes et qui ont composé avec l’occupant turc en se convertissant à l’Islam pour des motifs purement économiques. Les Serbes magnifiquement fiers qui ont résisté pendant plus de cinq siècles.
Allez à Belgrade, car c’est là qu’est l’Europe; déambulez dans la rue Strahinjicala ou la rue piétonne de Knez Mihajlova, admirez ses gourmandes bimbo-girls aux tenues affolantes, allez de cafés en cafés, de restaurants en restaurants de Kneza Mihaila ou de Skandarlija dans le Montmartre belgradois, explorez les multiples librairies, pillez les marchands de disques puis les boutiques d’antiquaires, terminez enfin votre journée dans l’une des innombrables et folles boîtes de nuit. "Belgrade by night" déchiré, non par les bombes de l'Alliance du printemps 1999, mais par les lasers des boîtes de nuit en plein air.
"Ne rien faire que boire, chanter, mater les gens et danser toute la nuit. Parler pour ne rien dire... Une vie de non-sens, quoi !" Ville électrique, explosive, où les regards s’entrecroisent, où s’imprime la brûlure instantanée des rencontres.
La densité de la vie, l'égalité des femmes c'est à Belgrade que vous l'éprouverez et non dans les villes de l'axe américano-turc.(...)"
Et l'interlude musical...
avec Shantel !
14.2.08
Urban lovers
13.2.08
On the air !

Vous pourrez m'entendre lire une quinzaine de mes textes dans l'émission
"Sur les docks"qui sera diffusée mercredi 20 février 2008 à 16 heures
sur France Culture (93.9)...
Merci de votre indulgence.
9.2.08
Pravda Tzara i tutti quanti

Pravda la surviveuse
Guy Paellaert - 1968
(...)
malgré l'injure que le temps dédaigneux nous fait le mauvais temps abondamment vomi par le désert
du haut de ses tertres de nuit
malgré la cri épais de la bête condamnée à mort
la brèche ouverte au coeur de l'armée de nos ennemis
les mots
la glaciale paresse du sort qui nous laisse courir à
notre guise
nos chiens nous-mêmes courant après nous-mêmes seuls dans l'écho de nos propres aboiements d'ondes
mentales
malgré l'inexprimable plénitude qui nous entoure
d'impossible
je me vide devant vous poche retournée
(...)
Tristan Tzara
L'Homme approximatif
1925-1930
5.2.08
Carnaval

James Ensor (1860-1949)
L'intrigue
Me sentir un peu flouée comme acculée à me démettre, souffrir dans ma foi résignée à l'iniquité. Pour éviter la frustration, à la terrasse non chauffée du café du quartier, je fume. Il pleut, je pense à Carla, c'est ça. C'est une aventurière comme dirait ma grand-mère. Je pense à cette farce qu'elle fourrait dans la dinde. C'est Mardi-Gras, je grince et puis j'aboie.

