31.12.07
Bonne Année 2008 !
28.12.07
Prière des Innocents

Willem De Swart (1862-1931)
Nature morte avec des pommes dans un plat de Delft
(...)
Tiens-nous éveillés, une fois au moins ;
révèle ce qui qui gît au fond de nous.
Ne nous force plus à enfanter dans la souffrance ;
donne à notre enfantement un sens plus lourd.
Toi qui peux tout, plutôt que d'exaucer le rêve de la femme
qui croit porter Dieu dans son sein,
fais-nous connaître enfin l'homme dans sa vérité,
l'homme qui porte en lui sa propre mort,
montre-nous le chemin qui mène à lui
et délivre-nous des mains acharnées à sa perte.
(...)
Rainer Maria Rilke
"Le livre de la Pauvreté et de la Mort"
1903
25.12.07
Joyeux Noel !

Gertrude Käsebier
La mangeoire
1903
Morte l'année
Mort de l'année, enfin Noël.
L'ultime battement est pour toi.
Le vent a retenu son souffle.
La neige enfouit tous les ravages.
Plainte apaisée, le coeur distrait,
entre les verres et le grand feu.
Descente et plaine, coeur lumineux,
coeur épuisé. Les amis sourient : Es-tu là ?
O joie éclate, car il est temps.
Minuit, soleil bleu enfantin.
La montée reprend avant l'aube.
L'an neuf n'aura rien oublié.
André Frénaud
"Il n'y a pas de paradis"
1943-1960
11.12.07
Voir plus loin
Le linge ne sèche pas, les murs suintent l'eau de la courette, le Nous s'insère dans nos vies, faisant du quotidien un perpétuel rangement du petit espace encombré. Bientôt il faudrait quitter ce meublé, se convaincre de la force des projets engagés au comptoir dans la cohorte des demis, innombrables cigarettes, mots précis dont je me souviens et qui tintent. Avons nous les moyens de cette nouvelle vie rêvée, pourrons nous jamais donner à nos enfants celle encore confortable que nous ont offert nos parents. A l'âge de mon fils j'avais déjà voyagé autour de la terre, j'étais allée skier, avec mes parents j'écumais les musées, je lisais Michel Strogoff faute d'avoir la télé.
Je m'englue dans la frustration du présent, tout cela n'est plus de notre temps.
Je tiens deux espoirs dans mes mains, publication, autre logement, hier je pleurais qu'ils ne deviennent sable et coulent entre mes doigts, aujourd'hui je dis qu'il faut attendre demain parce qu'on ne sait jamais.
Je m'englue dans la frustration du présent, tout cela n'est plus de notre temps.
Je tiens deux espoirs dans mes mains, publication, autre logement, hier je pleurais qu'ils ne deviennent sable et coulent entre mes doigts, aujourd'hui je dis qu'il faut attendre demain parce qu'on ne sait jamais.
