31.12.05
Bonne année 2006 !
27.12.05
En face

Amedeo Modigliani
Jeanne Hebuterne (au Foulard)
Je reçois parfois des messages qui me troublent. Ils m’encouragent et me font réfléchir à l’authenticité de ce que j’écris ici.
Je dirai que la sympathie de certains lecteurs me force à rester la plus honnête possible, car j’ai face à moi non pas un regard que je peux fuir ou engourdir mais des mots écrits, choisis avec le soin de ceux qui les aiment et les connaissent assez pour ne pas les employer à tort et à travers. Ainsi je suis immédiatement démasquée lorsque je manque à cette résolution d’honnêteté, tout comme je le suis par Nicole K. lorsqu’elle interrompt sans ménagement ma logorrhée pour me placer face à mes propres mots et me les faire répéter. Je me rends enfin compte de mon infamie et de l'ombre qui est aussi mienne. Mais quel est le propos ? Il s’agit toujours d’être. Ici c’est bancal comme une table en formica mais autour de cette table je reçois des grands de ce monde et des filles sympas qui ne roulent pas des mécaniques. Mais j’ai ébréché au fil des textes l’innocence des débuts malgré l’urgence qui est toujours de mise. Je me mâche jusqu’à la nausée de peur de heurter, finalement est-ce que c’est ça écrire ? Comment dire que je suis de chair et de sang sans blesser celles dont je suis issue et celles à qui je suis unie. Comment raconter les souvenirs les plus prégnants à la force des mots ? Et je dis tout cela si mal, sans diplômes et sans profondeur. C’est vrai, il y a des endroits pour ça. Des endroits pour parler de la chair, d’autres pour parler de politique, d’autres encore pour décharger son ballot et s’attabler au grand abreuvoir après le boulot. En fait je ne sais pas très bien où je vais ici mais ça reste un plaisir.
26.12.05
Ready for peace-pod

Noël 1973.
Chouette, les gars de La Blogothèque ont sorti leur top list 2005.
J’ai passé un moment à écouter, à choisir des morceaux à déverser de mano à nano, mon nouveau copain à qui je donne la main. Noël c’était bien, pas trop, juste ce qu’il faut pour que le fiston se transforme selon ses voeux en petit padawan super équipé d’une épée laser téléscopique qui change de couleur et d’un vaisseau triplan lego. Aujourd’hui, j’ai déjeuné avec l’irréductible Sophie dans un restau chinois du 13ème. Elle me fait toujours un peu penser à Sandrine Bonnaire dans Sans toit ni loi d’Agnès Varda. Je ne sais pas pourquoi mais c’est en bien. Comme à chaque fois, nous avons repris le fil de la discussion entamée la veille il y a six mois avec plaisir, les filles comme elles ne s’éteignent jamais, elles séjournent dans l’autel particulier que j’ai dans le cœur.
Il pleut des petits bébés autour de nous, ils nous regardent de leurs yeux neufs et perçants sur les photos que nous envoient leurs parents, un jour ils nous demanderont des comptes et sortiront leurs griffes mais pour l’instant ils sont trop choux. Bienvenue à vous petites merveilles qui font qu’on se réveille chaque matin pour adorer et soigner la vie malgré les coups et autres cailloux dans les lentilles. Sans vous, sans ce joug librement consenti, je ruminerais dans les bars de vieilles amours et des raisins trop verts, égarée hors des sillons fertiles je m’abandonnerais en friches.
Avez-vous vu Viva Zapatero de Sabina Guzzanti ? Pas encore ?
Filez le voir.
24.12.05
Joyeux Noël !
20.12.05
Du désir

Casimir Malevich
Maison rouge - 1932
Je suis amoureuse d’un joli tableau exposé dans une galerie de la rue Charlot. O comme il me plaît. A force de passer devant chaque soir, voilà que je me suis mise à l’aimer, il me trotte dans la tête. Il me dit achète-moi, adopte-moi. C’est l’huile d’une campagne grasse et morcelée de beaux verts et des bruns de la tourbe. Elle est fauve. Un bosquet de hauts arbres masque en partie une maison peinte en rouge. C'est uns de ces paysages calmes auquels on pense dans le brouhaha affreux de l’esprit, lorsqu’il est temps de se reservir un peu de paix. Je crois que je vais acheter ce tableau, je le vois déjà, là sur ce mur qui attendait la suite de l’histoire.
18.12.05
Avent

Mirtha Dermisache - Carte postale
Extrait du Librio N°2-1967
Après ces semaines intenses, pleines de penser à tout et de prévisions, je me sentais fébrile et rétamée, comme arrachée de mon cadre et de mon lotissement. Voilà qu’un peu de temps s’offrait à moi, je pouvais préparer les 13 desserts de Noël, tenter des enfilades de mots ou de lectures, des gribouillages ou bien flotter mais le petit voulait jouer à cache-cache et que je le surprenne dans les éternelles cachettes de notre place : le placard de l’entrée, sous les coussins du canapé et avec les moutons sous le lit. On joue, on rit puis brusquement je suis lasse, je perds mon unité. J’ouvre cette fenêtre je voudrais y décharger que la France me fait peine avec ses amnésies continuelles, que les médias distillent peur et laideur, que nos contrées sont gangrenées et borgnes. Je regarde le ciel, Looking For Astronauts, puis j’entre en résistance, j’allume les feux de la crèche, je caresse le dos de l’âne et redresse le bœuf. Je lave la nappe blanche pour la fête.
8.12.05
Zone

Serge Poliakoff - Composition rouge et bleue
1964
Tu regardes les yeux pleins de larmes ces pauvres émigrants
Ils croient en Dieu ils prient les femmes allaitent des enfants
Ils emplissent de leur odeur le hall de la gare Saint-Lazare
Il ont foi dans leur étoile comme les rois mages
Ils espèrent gagner de l’argent dans l’Argentine
Et revenir dans leur pays après avoir fait fortune
Une famille transporte un édredon rouge comme vous
Guillaume Appolinaire
Alcools, « Zone », 1913
7.12.05
Nocturne Paris 13
2.12.05
Paleopub

Velociraptor mongoliensis
© Alain Bénéteau – 2005.
Dinosaure est en pleine forme. Woua. Après avoir réalisé les décors de l'exposition "Le festin des dinosaures" au Palais de la Découverte, le voici qui part sur La Thalassa, à Lorient pour y commenter ses dessins sur "Le monde sous-marin au temps des dinosaures".



