9.8.03
Bring the Heat in Gillocrucie
7.8.03
Utopia - Bleu
Autour de l’étoile rouge,
de l’utopie chantante,
une flaque de bleu allongée comme un lac
offrait une bise marine
à la violence carmine.
Le bleu était tranquille,
immense et pénétrant.
Il pansait la blessure de sa gaze d’azur
et son haleine pure
embrassait la plaie vive
dans un geste de fille qui soigne pourriture.
L’alliance était divine,
et les tons surpassés
m’arrachèrent un cri
un long cri rescapé.
de l’utopie chantante,
une flaque de bleu allongée comme un lac
offrait une bise marine
à la violence carmine.
Le bleu était tranquille,
immense et pénétrant.
Il pansait la blessure de sa gaze d’azur
et son haleine pure
embrassait la plaie vive
dans un geste de fille qui soigne pourriture.
L’alliance était divine,
et les tons surpassés
m’arrachèrent un cri
un long cri rescapé.
Utopia - Rouge
Je rêvais cette nuit
d’une violence inouïe,
d’un grand tableau si beau
qu’il se mit dans ma peau.
Dans une vaste galerie,
aseptisée et pâle comme un grand hôpital,
on leva un drap blanc
et sur une toile d’argent
je vis la tache rouge-sang
d’un rouge pavot vivant.
Elle vibrait comme un coeur
armé d’un peace-maker
et bondit à mon cou
comme une bête féroce
y laissant un grand trou
dans un plaisir atroce.
C’était morsure intense
aux couleurs de synthèse,
une genèse lente
aux matrices exigeantes,
un pili-pili fou
dans une gangue en amiante,
une cape de père-noël égarée dans la neige.
Et dans ce rouge immense,
mille bouches aux sons pourpres,
mille luettes embrasées,
échappées de fournaises, de carnages étouffés,
gueulaient comme des forges
l’effroyable chanson
d’une chair martyrisée.
d’une violence inouïe,
d’un grand tableau si beau
qu’il se mit dans ma peau.
Dans une vaste galerie,
aseptisée et pâle comme un grand hôpital,
on leva un drap blanc
et sur une toile d’argent
je vis la tache rouge-sang
d’un rouge pavot vivant.
Elle vibrait comme un coeur
armé d’un peace-maker
et bondit à mon cou
comme une bête féroce
y laissant un grand trou
dans un plaisir atroce.
C’était morsure intense
aux couleurs de synthèse,
une genèse lente
aux matrices exigeantes,
un pili-pili fou
dans une gangue en amiante,
une cape de père-noël égarée dans la neige.
Et dans ce rouge immense,
mille bouches aux sons pourpres,
mille luettes embrasées,
échappées de fournaises, de carnages étouffés,
gueulaient comme des forges
l’effroyable chanson
d’une chair martyrisée.
5.8.03
Feeling like a rolling stone - 1
Je suis née dans les Bouches du Rhône, à Aubagne. En septembre 1967. Je suis l'ainée de six. Ma petite enfance, je l'ai passée à Paris dans le quartier latin, pas loin de la place Maubert. Mes frères Antoine et Baptiste sont nés en février 1971 et en juin 1974. En septembre de la même année, nous sommes allés vivre à Chicago où mon père était parti étudier. Ma mère tapait ses cours à la machine. Nous vivions dans un immeuble en briques rouges. C’était la dèche. Je ne m'en souviens pas. J’adorais cette vie près du lac Michigan. L'été sentait l'huile solaire Coppertone et l'herbe. L'hiver était de glace et de vent, l'automne ma saison préférée.
Solaris
L'émotion est solaire
irradiée de plein fouet
J'insole sur mes rétines
les signes catapultés
des regards se cherchant
dans la glissante verrière
irradiée de plein fouet
J'insole sur mes rétines
les signes catapultés
des regards se cherchant
dans la glissante verrière
4.8.03
Cette chaleur m’envape complètement et ce n’est pas désagréable. J’ai conscience de chaque pore de ma peau, je me sens eau, moiteur, mélasse . J’aime aussi l’odeur caractéristique de la peau chaude d’où exsude l’eau de toilette du matin. Ca me rappelle l’odeur de mon grand-père quand il travaillait dans son jardin en Provence. Il portait Pour un Homme de Caron. L’odeur de la lavande et de la sueur. Un parfum d’homme, pas un des ces parfums sucrés et sophistiqués qui inondent les nuques des types en ce moment.
J’aime ce temps immobile, l’épaisseur de l’air pousse aux gestes ralentis, à l’indolence, au désir.
J’ai toujours vécu dans des pays chauds. J’ai appris à “mariner”. J’ai appris à économiser mon souffle et à anticiper l’éblouissement fatal au sortir de la maison, lorsque la lumière souffle l’enfer de son haleine et que je titube, des étoiles dans la tête. La passion ignée du soleil, mon bel amant.
J’aime ce temps immobile, l’épaisseur de l’air pousse aux gestes ralentis, à l’indolence, au désir.
J’ai toujours vécu dans des pays chauds. J’ai appris à “mariner”. J’ai appris à économiser mon souffle et à anticiper l’éblouissement fatal au sortir de la maison, lorsque la lumière souffle l’enfer de son haleine et que je titube, des étoiles dans la tête. La passion ignée du soleil, mon bel amant.
3.8.03
Je voulais dire les mots
derrière la conscience
Je me suis perdue
dans mon gouffre
dans le touffu silence
dans le fait de ma chair
dans ma fossile colère
et j'ai fait de mon âme ma propre prison
J'ai fait de l'émotion
formulation atone
figée dans l'encre épaisse
d'énormes maladresses
Je voulais dire le moi, le fond, le révélé,
l'état virginal de ma forme muette
J'ai bégayé sans cesse
reprenant ânonant
l'innocente requête
je me suis crue perdue
et perdue j'ai été
puis j'ai senti le Tout
ma Mère, mon souhait
et l'intime fréquence
le repos dans la foi
après l'inconséquence
derrière la conscience
Je me suis perdue
dans mon gouffre
dans le touffu silence
dans le fait de ma chair
dans ma fossile colère
et j'ai fait de mon âme ma propre prison
J'ai fait de l'émotion
formulation atone
figée dans l'encre épaisse
d'énormes maladresses
Je voulais dire le moi, le fond, le révélé,
l'état virginal de ma forme muette
J'ai bégayé sans cesse
reprenant ânonant
l'innocente requête
je me suis crue perdue
et perdue j'ai été
puis j'ai senti le Tout
ma Mère, mon souhait
et l'intime fréquence
le repos dans la foi
après l'inconséquence

